mercredi 15 avril 2009

Qq vidéos de Cuba

Pour compléter mon post précédent, voici quelques vidéos que j'ai prises à Cuba.

Notez que ce site bugue au niveau de la police des caractères, ce qui explique pourquoi la taille du texte change sans raison dans mon post précédent...


De la musique à tous les coins de rue


A table, les volailles!



En route pour la "cascade"

Cuba, mars 2009

Séjour de deux semaines dans l’île intrigante de Cuba.


J1 : Arrivée dans la soirée à La Havane, Cuba. Le trajet en taxi depuis l’aéroport jusqu’à La Habana Vieja (vieille ville) dure une bonne demi-heure. Nous rentrons enfin dans la Habana Vieja, dans un dédale de rues. Nous sommes surprises de voir, malgré l’heure tardive et le peu d’éclairage dans les rues, plusieurs groupes de personnes assises dehors sur le palier de leur porte, en train de prendre l’air et discuter tranquillement. Le taximan me confirme que les cubain aiment bien passer du temps à discuter et jouer sur le pas de leur porte. Nous arrivons dans la rue de notre Casa Particular (nous avions prévu de loger « chez l’habitant ») et nous apercevons notre hôte nous attendant dehors, sur le palier de sa porte ! (je ne lui avais donné qu’une heure très approximative de notre arrivée !). Cela donne déjà un aperçu du côté accueillant du cubain. Hector et Ery, nos deux hôtes, sont deux hommes de 45 ans environ qui vivent ensemble (simples amis ou amants, nous n’avons pas cherché à en savoir plus… Cela ne nous regarde pas ;-)).

La chambre et la salle de bain que nous avions réservées pour deux nuits n’étaient plus de toute fraîcheur mais la sympathie d’Hector et Ery nous a rapidement fait oublier cet aspect. Ce sont les premiers cubains avec lesquels nous avons discuté de la situation de Cuba : le système dit « socialiste » qui régit le pays. Cuba est prôné à travers de nombreuses affiches de propagandes comme un pays garantissant la liberté de l’individu. Pourtant, les cubains sont loin de se sentir libres. En effet, pour ne citer que quelques exemples :


- les cubains n’ont pas le droit de quitter le territoire ne serait-ce que pour voyager, à moins d’avoir une attestation d’hébergement de la part d’une personne souhaitant les recevoir en terre étrangère,

tous les cubains ont les mêmes revenus (moyenne de 12 euros par mois), du petit vendeur au grand chirurgien,


- tous les hommes cubains sont obligés de travailler, s’ils refusent successivement trois offres d’emploi ils encourent une peine de 5 ans de prison,


- la presse et les médias sont sévèrement contrôlés, on ne peut pas parler de droit d’expression, les cubains n’ont pas le droit d’accès à internet (ni en prenant un abonnement à leur domicile, ni dans les cybercafés où on doit présenter une pièce d’identité pour montrer qu’on est étranger et qu’on a donc le droit de se connecter) et donc très peu d’informations sur le reste du monde.


Toutes ces choses et tant d’autres font que les cubains se sentent oppressés par ce système. Le nombre incroyable de policiers qui veillent au respect de ces règles ne fait que renforcer ce sentiment qu’ont les cubains d’être dans leur pays comme dans une grande prison.

De plus, le très faible niveau de revenus des cubains leur permet de maintenir un train de vie à son état le plus minimal : se nourrir, se couvrir, se loger. C’est pourquoi le tourisme croissant a permis le développement d’une économie parallèle qui vient biaiser le système communiste : on voit apparaître des inégalités entre les cubains ; en effet, ceux qui travaillent légalement ou non dans les services aux touristes s’en sortent beaucoup mieux que la moyenne : ils ont la possibilité de se procurer plus facilement des pesos convertibles (indexés sur le dollar), monnaie qui vaut 25 fois le peso cubain ! Il faut dire que l’économie de Cuba est basée sur deux devises : le peso cubain et le peso convertible. Le premier est réservé aux cubains et le deuxième a été créé pour les touristes.

Pourtant, s’il est vrai que les Cubains vivent dans une frugalité permanente, on doit reconnaître au système des acquis fondamentaux : la santé et l’éducation gratuites, la sécurité, l’assurance d’avoir un toit (personne ne vit dans la rue ni ne fait l’aumône à Cuba !) et la garantie de produits alimentaires et domestiques de base à un prix moindre (système des « bodegas », sortes de magasins réservés aux cubains dans lesquels ils sont rationnés pour acheter à prix très réduits des produits de base tels que le sucre, les œufs, le riz, le savon, le dentifrice, etc.). Sur ce dernier point, Hector et Ery déploraient avec aigreur la qualité et la maigre quantité des produits de rationnement (dentifrices qui « enlèvent l’émail des dents » voire « déchaussent les dents » ; pour un foyer il y a un savon pour le corps une fois tous les deux mois, 10 œufs par mois etc.). C’est d’ailleurs pour cela que nous avions apporté de France pléthore de savonnettes, dentifrices, brosses à dents et autres produits de nécessité pour les distribuer au cours de notre voyage. En effet, une fois que les cubains ont utilisé leur ticket de rationnement, tous ces produits sont payables en pesos convertibles sur le marché (savon et compagnie à des prix équivalents à ceux pratiqués en occident). Vous pensez bien qu’avec un salaire moyen de 12 à 15 pesos convertibles par mois, ils ne peuvent pas faire grand-chose et tirent le diable par la queue.

Enfin voilà ce que j’ai pu ressortir de ma conversation avec Hector et Ery, qui a été corroborée par d’autres discussions avec différents cubains au cours de notre voyage.


En arrivant à Cuba, on a l’impression d’être à une autre époque, notamment à cause des nombreuses vieilles voitures qu’on l’occasion de voir, mais également parce qu’on n’y respire pas l’américanisation qui caractérise notre société actuelle.


J2 : Le lendemain de notre arrivée, nous sommes allés nous balader dans la vieille Havane et avons découvert une ville avec un cachet incroyable. De l’architecture mauresque aux maisons coloniales, le tout dans un environnement où le temps semble d’être arrêté. On y voit encore des voitures des années 60, encore rutilantes grâce au soin que leur prodiguent leurs propriétaires.


Nous avons pris un bus touristique qui faisait le tour de la ville et avons découvert le paseo de Jose Marti, el parque central, el capitolio, le malecon (bord de mer), différentes places etc.




En revenant, nous sommes allées manger notre premier repas cubain : la ropa vieja, un ragoût de bœuf à la tomate avec du riz blanc et des chips/frites de tarot. Muy sabroso !



Nous avons égalementbu notre premier mojito! mmmh!


Ensuite, nous avons marché à travers les rues et avons découvert avec plaisir de nombreuses rues très animées, notamment par les groupes qui s’arrêtent jouer dans les bars et restaurants.


J3 : Nous avons commencé la matinée par la visite du musée du Rhum (tenu par le Havana Club). Nous avons eu droit à une explication de tout le processus de fabrication du Rhum, de la plantation de canne à sucre à la bouteille de Havana Club.


Puis nous sommes allés à la gare pour un départ pour Vinales. Nous avions prévu d’y aller en bus mais une fois arrivées à la gare, un chauffeur nous a proposé de nous y amener en voiture plus rapidement pour un prix équivalent. Nous voilà donc en route conduits par Herriberto, un cubain d’une 50aine d’années. Sur la route, on se met à discuter. Il me demande quel âge j’ai et quand je lui dis 25, il me dit « Ha bon ! je pensais que tu avais 16-17 ans ! » (no comment !). Et là il commence à parler de son fils qui a 27 ans, qui travaille dans l’électronique, qui est très intelligent, très beau, très grand (« beaucoup plus que moi ! »), qu’il est certain qu’on s’entendrait très bien et qu’il me le présentera quand on arrivera à Vinales. On a fini par arriver à Vinales, une petite ville paisible (peut-être un peu trop !). En rentrant dans la ville, Herriberto nous a expliqué que les deux cyclones en août et septembre dernier avaient abattu beaucoup d’arbres, détruit des toits et ravagé de nombreuses récoltes (bananes, tabac, avocat etc.), laissant la région bien éprouvée. Cela explique certainement pourquoi lorsque nous sommes allées au marché deux jours plus tard, il n’y avait quasiment RIEN à acheter, si ce n’est trois oignons qui se battaient en duel, quelques poivrons et tarots.

Bref, Herriberto nous a amenées dans une casa particular tenue par une certaine Julia, gentille et timide. Je lui ai demandé le prix de la chambre, elle m’a annoncé 20 par nuit. J’ai rajouté : « avec le petit déjeuner ! » avec une intonation qui en faisait plus une affirmation signifiant « si y’a pas le petit déjeuner compris on va autre part » qu’une question. Du coup elle a dit « Bueno… », l’air de dire « bon, ai-je vraiment le choix ! OK ». J’ai employé cette méthode chez tous les autres habitants chez qui on a logé par la suite et je suis fière de dire que ça a marché à chaque fois ! hihi !

Et on a posé là nos affaires pour trois jours à Vinales.

Cette première nuit a été la plus bruyante que j’aie connue à Cuba puisqu’on s’est fait réveillé par toute une série d’animaux pendant la nuit. Là-bas les coqs chantent à 1h du matin, en pleine nuit on s’est fait réveillé par ce que je prenais pour une meute de loups dans mon demi-sommeil alors que c’était une horde de chiens qui aboyaient (oui, il y a énormément de chiens à Cuba mais ils sont étonnamment tous petits).

J4 : Le matin, pendant qu’on prenait notre petit dèj (avec au passage un jus de goyave absolument divin!), Herriberto notre chauffeur de la veille est venu de son propre chef nous chercher chez Julia pour nous déposer au centre. Son fils attendait dans la voiture. Je m’attendais à voir un beau cubain dont je tomberais immédiatement sous le charme, vu le portrait que son père en avait fait. Au lieu de ça, son fils ne cassait vraiment pas trois pattes à un canard (et plus petit que moi ! haha ! alors que son père m’avait dit qu’il était beaucoup plus grand que moi !). Avec maman on s’est regardées en souriant.


Il s’appelait Herriberto comme son père, donc je l’appellerai Herriberto fils pour les différencier.


Donc Herriberto père nous a emmenés au centre ville et nous a dit que son grand frère était chauffeur d’une navette qui faisait le tour de la vallée de Vinales pendant toute la journée, et qu’il pourrait nous prendre gratuitement toute la journée. Herriberto père avait misé gros sur moi haha ! Il nous a proposé qu’Herriberto Junior, mon promis, nous fasse visiter la vallée pendant toute la journée. On peut dire qu’il ne voulait pas faire les choses à moitié ! Nous sommes donc montés tous les trois (Herriberto Junior, maman et moi) dans le bus du frère d’Herriberto père, ainsi que d’autres touristes, et nous sommes partis en route pour une ballade dans la vallée de Vinales, avec plusieurs arrêts prévus au cours de la journée.


Pour commencer, nous nous sommes arrêtés admirer la vue depuis un hôtel surplombant la vallée.


Nous avons ensuite effectué un arrêt chez un cultivateur de tabac. C’est sans doute la visite de la journée que nous avons le plus appréciée. Cet homme de 70-80 ans nous a consacré beaucoup de temps pour nous expliquer le processus de séchage de tabac, le roulage de cigare. Il nous a fait visiter sa basse-cour, nous a invités à prendre le café chez lui. Il répétait que ce qui le rendait heureux, c’était de partager avec les gens qui viennent le voir, leur donner de l’amour; ses cigares (il en fumait la moitié de 20 par jour!), ses volailles, ses bouts de terre et les visites qu'il recevait suffisait à son bonheur! Une rencontre pleine d’émotions.


Nous sommes ensuite allés voir une énorme fresque préhistorique en plein air, qui a été « restaurée ». Herriberto Junior et moi avons gravi toute sa hauteur ce qui nous a offert une vue époustouflante.


Enfin, nous sommes allés dans une grotte (La Cueva del Indio) de laquelle on est sorti en bateau. C’était sympa.



Herriberto Junior s’est fait notre guide pendant toute cette journée au cours de laquelle grâce à lui nous n’avons pas déboursé un sou, que ce soit pour les visites ou pour le repas du midi (où on a mangé un EXCELLENT porc braisé). Il était vraiment très gentil.


J5 : Au petit matin, nous sommes allées admirer le lever du soleil.



Ensuite, nous avons passé la journée à la plage (Cayo Jutias) où j’ai bien cramé (mon corps endolori s'en est souvenu près d'une semaine!) L’eau était un délice, le sable fin et l’eau magnifique.


Sur la route, les paysages étaient preciosos!


J6 : Départ pour Soroa : ça a été la petite aventure ! En fait le bus que nous avons pris pour Soroa ne s’arrêtait pas à Soroa-même, mais le chauffeur nous avait dit qu’il nous laisserait à l’entrée de la ville « à 1km de Soroa ». Au bout d’une heure et quelques de route, le bus s’arrête, nous déposant au bord de l’autoroute sous un pont. Nous avons du traverser l’autoroute en courant avec nos sacs pour rejoindre ce qu’on pensait être l’entrée de la ville.

16h : On a commencé à attendre un bus car un groupe de cubain nous a dit qu’il y en avait un qui passerait pour Soroa. A un moment un cubain passant en vélo s’est arrêté pour nous dire qu’on n’attendait pas le bus au bon endroit. Il a mis deux de nos sacs sur son porte-bagage et nous a avancées jusqu’à un panneau de bus plié en deux qu’on aurait eu du mal à voir s’il ne nous l’avait pas indiqué. Il nous a dit que le prochain bus était à 17h. On avait donc presqu’une heure d’attente devant nous. Je lui ai alors dit qu’on pouvait y aller à pied puisque ce n’était qu’à 1 km. Là il a éclaté de rire en disant « pas du tout ! C’est à 7 km ! ». Très sympa, il nous a tapé la discussion pour nous tenir compagnie en attendant le bus. Il s’appellait Alexander. On a enfin aperçu un bus qui arrivait mais on ne l’a pas arrêté parce que quelqu’un nous a dit que ce n’était pas celui qui allait à Soroa mais le suivant. Nous sommes donc montées dans le suivant qui nous a arrêtées au terminus en moins de dix minutes, sauf qu’on n’était toujours pas à Soroa, mais encore à 3-4 km de là ! (sachant que le chemin était très vallonné). En fait on aurait du prendre le premier bus ! on a eu une mauvaise information ! Alexander avait suivi notre bus en vélo, ce qui fait que lorsqu’on a du descendre au terminus, il était là.

On a donc décidé de faire de l’autostop pour que quelqu’un nous monte jusqu’à Soroa.

Au bout d’une 20aine de minutes, une voiture s’est enfin arrêtée et nous a avancées de 2 km environ. Nous nous sommes retrouvés devant un camp militaire où personne ne paraissait être prêt à nous aider à parcourir le dernier kilomètre. Il a commencé à pleuvoir donc on s’est abrités sous la terrasse d’une maison. La nuit allait bientôt tomber et il n’y avait pas du tout d’éclairage, donc nous avons finalement décidé d’achever le reste du chemin à pied.
Alexander, fidèle jusqu’au bout, a pris mon gros sac sur le dos, maman par la main et on a gravi le dernier kilomètre qu’il restait.




Cela nous a mené à Soroa, village minuscule où il n’y avait pas une âme. Ce village abrite un immense orquideario (jardin d’orchidées) qui jouxtait la casa particular où nous a emmenées Alexander. Je crois bien que c’était d’ailleurs l’unique casa particular du village ! Une jeune femme très avenante et très souriante, Yamilin, nous y a accueillies, nous proposant une chambre très propre avec une vraie douche et de l’eau chaude ! Après avoir pris un verre avec Alexander pour le remercier de nous avoir soutenues pendant plus de 3h (!!), nous avons mangé et sommes allées tout droit au dodo !



J7 : Le lendemain, nous avons fait le tour de Soroa. Tour est un bien grand mot pour un village aussi petit, dans lequel j’ai l’impression qu’il n’y avait même pas d’habitants à part ceux de notre casa particular. Tous semblaient vivre en contrebas de la montagne car Soroa était désert. Même les touristes étaient très peu nombreux dans l’immense complexe hôtelier attenant à la maison dans laquelle on logeait !



Enfin bref, nous sommes allées prendre des renseignements dans cet hôtel au sujet des activités à faire dans le coin. La réceptionniste nous a dit qu’on pouvait aller à Las Terrazas, un village à une vingtaine de km. Seul moyen d’y accéder : en taxi ! Inquiètes de voir qu’il n’y avait même pas de sorties organisées en bus nous en avons profité pour nous renseigner sur le retour à La Havane. On a reçu la même réponse, à savoir qu’on ne pourrait y aller qu’en taxi, car il n’y avait plus de bus qui s’arrêtait à Soroa ! Seule solution : retourner sous le pont de l’autoroute sur la route de La Havane et attendre qu’un bus s’arrête !

Un peu dépitées, nous sommes retournées à notre casa particular et avons dit à Yamilin que ce n’était pas très simple de se déplacer dans le coin, et qu’on ne savait pas trop quoi faire, du coup. Elle a donc appelé un ami à elle qui nous a déposées à Las Terrazas pour un prix plus correct que celui du taxi. Nous y avons passé la journée, c’était très joli. Le village était autour d’un lac.


Nous avons découvert un magasin artisanal très sympa tenu par une jeune femme très agréable.



Puis nous sommes allées à l’hôtel Moka, le plus grand et le plus en hauteur du village, pour siroter un verre et jouir de la vue sur le village.



On m’avait parlé d’une rivière et de piscines naturelles (Los Banos del San Juan) à environ trois kilomètres de là. J’ai donc laissé maman à l’hôtel et ai décidé de parcourir ce chemin à pied. Me voilà donc en train de marcher avec mon petit sac à dos sur une route bordée d’une végétation foisonnante. Arrivée aux Banos del San Juan, j’ai découvert ne rivière charmante qui invitait à la baignade.



Malheureusement, le temps ne s’y prêtait pas vraiment et commençait même à se faire menaçant. C’est pourquoi j’ai rapidement rebroussé chemin en direction de Las Terrazas. A mi-chemin il a commencé à pleuvoir de plus en plus fort, et lorsque je suis arrivée à l’hôtel au bout d’une quarantaine de minutes il pleuvait des trombes, j’étais trempée jusqu’aux os ! (je dois avouer que j’ai vraiment adoré marcher sous la pluie car elle était bien tiède ! j’ai juste eu un peu peur des éclairs et qu’un arbre me tombe dessus !)

Maman, m’attendait super inquiète, s’étant fait une tonne de scénarios catastrophiques ! La pauvre !

J8 : Nous avions prévu de retourner ce jour à La Havane, dès le matin. Nous avons convenu d’un rendez-vous avec nos chauffeurs de la veille (qui nous avaient déposés à Las Terrazas), pour qu’ils nous déposent sur l’autoroute et qu’on puisse attraper un bus en direction de La Havane. Nous avions en fait pour projet d’aller à Cienfuegos mais La Havane était un passage obligé. Nous avons dit au revoir à Yamilin, désolées de la quitter car elle avait été extrêmement gentille avec nous.



Elle m’a donné du chocolat cubain en poudre (car je l’avais bien aimé et lui avais demandé où je pouvais m’en procurer), on lui a laissé une savonnette et un mot de remerciement sur nos chevets et nous voilà en route pour notre tronçon d’autoroute. Je nous imaginais déjà en train d’attendre pendant trois plombes comme des kosovardes sous un pont qu’un bus daigne s’arrêter nous prendre. Sur le chemin vers la sortie d’autoroute, nos chauffeurs nous proposent de nous éviter d’attendre un bus et de nous amener à La Havane pour 20 CUC chacune (alors qu’en bus on aurait payer environ 6 CUC chacune !). J’ai dit hors de question, qu’on préférait attendre le bus, qu’on n’ allait pas + payer que le bus ! Il a senti qu’on en était déterminées, prêtes à attendre le bus quitte à attendre longtemps. Il a donc proposé 10 CUC pour toutes les deux ! haha ! on est passées de 40 CUC à 10 CUC ! On a dit OK et en route pour La Havane !


Arrivées à la gare de La Havane, on a pris un bus pour Cienfuegos, une station balnéaire paisible ayant la réputation d’être animée le soir. Après avoir été abordées par plusieurs rabatteurs, nous finissons par trouver une casa particular charmante, très bien située (juste à côté de la place centrale).


Je suis allée faire un premier tour de la ville pour la découvrir...



Nous avons dîné chez notre hôtesse, Elsa, qui nous a concocté d’excellentes langoustes, ainsi qu’une soupe d’haricots rouges excellente ! c’est incontestablement la meilleure qu’on ait mangée. Elle y avait mis de la saucisse, de la tomate, de l’ail, de l’oignon, le tout bien relevé ! Excellent ! Elle était toute fière de son repas et ne faisait que nous demander si c’était bon ! haha ! j’avais envie de lui répondre que c’était bon mais que la meilleure cuisinière du monde, ça restait ma maman ! mais bon, je me suis abstenue de ce commentaire ! héhé !

La nuit tombée, nous sommes allées nous balader et avons pris un bicitaxi (un taxi-vélo, comme son nom l’indique ! dommage, je n’ai pas pensé à prendre des photos !). On est tombé sur un vélo super fun car il avait carrément installé de la musique sur la bâche qui protégeait son vélo : radio, lecteur CD et baffles d’assez bonne qualité qui lui permettait de mettre la musique à fond ! c’était super sympa ! Cuba est vraiment le pays du système D.



J9 : Le matin on est allé dans une agence touristique pour s’enquérir des activités possibles et RIEN DU TOUT (pas de tour en bateau, déjà réservé par un groupe de touristes, pas d’excursion aux cascades, pas d’animation musicale annoncée). On était super déçues. Du coup on est allé flâner dans les rues. Le midi, on est allé dans un restau où on s’est bien faite entuber : au menu un espèce de poisson bizarre flasque dans un endroit qui ne semblait pas très légal ! Enfin bref, ensuite pendant que maman est allée se faire masser (apparemment c’était divin !), je suis allée me balader au centre où j’ai découvert une vue panoramique sur la ville depuis la « Casa de la cultura Benjamin Duarte ». De là j’ai photographié « l’Arc de Triomphe »ainsi que la vue dont on pouvait jouir depuis le toit.



Ensuite je suis rentrée au Museo Provincial où on m’a annoncé que le soir même il y aurait une nocturne avec un concert de violon. Je suis donc allée chercher maman après son massage et vers19h, nous avons marché le long de la baie et sommes allées nous installer dans un restaurant offrant une vue irrésistible sur la baie et le coucher du soleil que nous avons admiré en dégustant du poisson grillé (sans commune mesure avec celui du midi !).

Ensuite, nous sommes allées au Museo Provincial où nous pensions découvrir les pièces du musée dans une ambiance musicale. En fait, ce n’était pas du tout ça : un quatuor se produisait (piano, violon, flûte traversière et clave). Nous sommes arrivés avant les musiciens et un homme très gentil nous a proposer de nous installer dans une grande pièce du musée où des chaises étaient prêtes à accueillir un public d’une centaine de personnes. Il y avait un vieux piano à queue dans cette salle. J’ai demandé au monsieur si je pouvais l’essayer. J’ai joué 5 minutes, le piano était désaccordé et vraiment très vieux. Après avoir pianoté, je suis allée m’asseoir à côté de maman. Pour le moment, on était les deux seules spectatrices. Enfin, les musiciens sont arrivés. Ils ont accordé leurs instruments. Et là on s’est demandé pourquoi le monsieur ne faisait pas rentrer les autres spectateurs. En fait on était les seules ! Ce jour-là on fêtait la journée de la poésie. Le monsieur a déploré le fait qu’il n’y ait personnes en disant que le reggeaton remportait beaucoup plus de succès que la musique classique ! Le concert a commencé, c’était de belles pièces (Haendel, Brahms et je ne sais plus qui d’autre). Au bout de quelques minutes, à la fin d’une pièce la violoniste a pris la parole, énervée : « la pièce est mal éclairée, on ne peut pas travailler dans ces conditions, c’est toujours pareil ! ». On aurait dit qu’elle en aurait pleuré d’énervement. Elle s’est excusée puis ils ont repris leurs morceaux. Le concert s’est achevé au bout de 45 minutes environ. Ils l’ont terminé par un morceau cubain composé par une personne du groupe, très joli. C’était au final un concert très sympa, mais très particulier puisque nous étions les seules spectatrices !

A la fin, nous avons remercié les musiciens et sommes parties.



J10: Le matin, nous sommes allés nous balader au marché puis avons fait un tour à l'Eglise et dans le reste de la ville.


Nous avons pris nos affaires pour une nouvelle destination : Trinidad. Nous avons quitté Cienfuegos comme nous y étions arrivés: sous la pluie.

Elsa, notre hôtesse de Cienfuegos, nous avait recommandé une casa particular à Trinidad, tenue par une de ses amies. Elle l'a appelée avant notre départ de Cienfuegos pour la prévenir de notre arrivée à Trinidad; en raccrochant, elle nous a dit que celle-ci viendrait nous chercher à notre arrivée à la gare routière. On l'a bien remerciée car au moins, ça nous éviterait de nous trimbaler nos sacs lourds! Lorsqu'on est arrivé en bus, on a tout de suite aperçu une femme de 60-70 ans qui brandissait une feuille sur laquelle nos noms étaient imprimés! On l'a saluée et on a cherché des yeux la voiture mais rien en vue, donc on lui a emboîté le pas en se disant qu'elle était sûrement garée plus loin. Tu parles! En fait elle était venue nous chercher à pied, pour s'assurer qu'on irait bien dans sa maison et pas autre part! On continue donc à marcher - très lentement à tel point que c'en était stressant!- et on est arrivé chez elle au bout d'1/4 d'heure, elle qui habitait soi-disant "en plein centre"! (sachant qu’on va d’un bout de la ville à l’autre en à peine 20 minutes ! Elle nous a fait donc traverser la ville d’une extrémité à l’autre)

Nous sommes arrivées dans une maison avec un petit patio, sans plus. Ce n’est que là qu’on a commencé à négocier le prix de la chambre : 25 CUC avec petit dèj. J’ai commencé à discuter, en disant qu’à Cienfuegos c’était 20 avec petit dèj, rien à faire ! La vioc ne voulait pas en démordre alors qu’on n’était même pas en plein centre ! On lui a dit OK, mais qu’on n’était pas sûres de rester plusieurs nuits.

On a posé nos affaires dans la chambre et on est allées se balader, en quête d’une chambre au centre pour les nuits suivantes. Après plusieurs tentatives infructueuses (au cours desquelles nous avons découverts de très charmantes demeures toutes dotées d’un patio mais malheureusement déjà prises), nous sommes arrivées chez une certaine Emma, qui très gentille nous a proposé une chambre un peu défraîchie mais propre et en plein centre ! Nous lui avons promis de revenir nous y installer le lendemain puisque nous avions déjà posé nos affaires chez l’autre vioc !



Entre temps, on est allé se balader à travers les rues de Trinidad et avons découvert avec émerveillement la plaza mayor, les ruelles pavées très charmantes, des façades aux couleurs vives, ainsi que des nombreux magasins d’art (tableaux, chapeaux, etc.).




Durant la balade, on s’est arrêté dans un bar pour boire un petit mojito et en profiter pour écouter le groupe qui jouait de la salsa en live. C’était super sympa ! Un cubain est venu m’inviter à danser et c’était super, il m’a fait faire des trucs de folie !


Sur le chemin pour rentrer chez la Vioc, on s’est fait accoster par une jeune femme qui nous a proposé une ballade en cheval le lendemain, pour aller voir une cascade « magnifique », dans un cadre exceptionnel. Maman et moi on n’est pas très cheval donc elle a proposé un compromis : nous faire amener en carriole, tirée par un cheval. Le tout pour 12 CUC (10 euros) par personne. Elle nous a promis une journée incroyable dans la nature. On a dit banco ! Départ prévu le lendemain à 9h30.

On est rentré chez la Vioc pour aller direct au dodo.



J11 : Dès le matin, nous avons transvasé nos affaires de chez la Vioc à chez Emma, notre nouvelle hôtesse. Puis nous sommes allées à notre rendez-vous pour la balade en cheval. La jeune femme de la veille nous a amenées dans un endroit un peu reculé du centre, où se trouvait le guide de la carriole qui allait nous emmener dans la vallée.

Nous voilà parties sur une carriole poussée par un cheval, les fesses endolories par les soubresauts de la carriole.


Le paysage sur le chemin était très joli. Nous sommes arrivés au pied d’une montagne traversée par une rivière asséchée. Le guide a dit qu’on ne pourrait pas continuer plus loin avec la carriole, et il a donc attaché le cheval et nous avons grimpé la montagne à pied. Au bout de 15 minutes, nous sommes parvenus à la fameuse « cascade », quasiment sèche mais au pied de laquelle il y avait tout de même à un bassin où on pouvait se baigner (l’eau était très froide donc je n’en ai pas trouvé le courage).



Nous sommes restés là une petite heure, puis avons pris le chemin du retour.



En revenant, après avoir mangé un hamburger (bof) je suis allée au Museo Nacional de la Lucha Contra Bandidos, dans lequel sont exposés de nombreux objets et photos relatifs à la lutte contre les bandes contre-révolutionnaires (dits les traîtres) dans les années 60. Les photos de tous les hommes pro-révolutionnaires morts au cours de cette période étaient alignées. Il devait y en avoir plusieurs centaines !



Le toit offrait un panorama sympathique sur Trinidad.








Ce jour-là nous avions demandé à Emma de nous préparer pour le repas du soir des crevettes. J’en bavais d’avance ! Malheureusement, comme on avait déjeuné à 14h je n’avais pas un très gros appétit et je n’en ai donc pas beaucoup mangé. Pourtant 10 minutes après le repas, j’ai commencé à avoir mal au ventre et à avoir la nausée. J’ai alors rendu une bonne partie de mes crevettes et confiante, me disant que c’était passé j’ai mis une robe et suis allée à La Casa de La Musica, un bar très populaire devant lequel un groupe jouait en live. Leurs morceaux étaient très sympas mais la nausée revenant, je ne m’y suis pas attardée longtemps : je suis rentrée à la maison au bout d’une heure pour aller vider mon estomac au complet, puis me coucher. Inutile de préciser que j’ai eu très mal au ventre et ai mal dormi toute la nuit.



J12 : Le lendemain je me sentais toujours fragile de l’estomac, à cause de la veille, et ne me sentais pas la force d’avaler quoique ce soit.

Nous sommes tout de même allées à la gare pour une balade en train dans la vallée.

C’était très joli comme en témoignent les photos.



Nous sommes arrivées dans un village où une halte d’une heure était prévue. A quelques mètres de notre arrivée, un homme vendait du guarabo : du jus de sucre de canne fraîchement pressé.



Malgré la chaleur accablante j’avais des frissons dans tout le corps. Du coup nous sommes allées nous asseoir à la table d’un restaurant où maman a commandé à manger et moi un thé. Le temps me paraissait interminable puisque je n’avais qu’une envie : aller me blottir dans un lit chaud. Enfin, l’heure de repartir est arrivée et nous sommes retournées au train qui a effectué le même trajet qu’à l’aller, mais en sens inverse.


Arrivées à Trinidad après la balade de train, étant donné mon état de fatigue et de fièvre, la suite du programme s’est imposée d’elle-même : une bonne purée de patate douce préparée par les bons soins d’Emma et AU DODO !



J13 : visite du Museo Historico Municipal, l’ancienne demeure d’un propriétaire de plantations de canne à sucre.


Nous avons eu une guide passionnée, ce qui est génial quand on visite un musée ! Nous avons d’ailleurs eu avec elle une discussion sur le système communiste de Cuba. Je lui demandais comment elle vivait la situation. Elle a dit qu’elle avait fait presque dix ans d’études en Histoire (avec des thèses et compagnie) et qu’à la fin du mois elle gagnait 12 pesos convertibles (10 euros). « Regardez mes chaussures » a-t-elle dit. « Est-ce que chez vous quelqu’un qui a fait 10 ans d’études a des chaussures dans cet état-là? Pourtant malgré ça, on est là, on lutte contre notre condition. Tous ceux qui sont allés aux Etats-Unis pour y chercher fortune le regrettent aujourd’hui parce que là bas c’est la crise, il y a du chômage. Ils gagnent peut-être plus mais la vie là bas coûte beaucoup plus cher, donc ils finissent par revenir à Cuba.»

Elle nous a également parlé des traîtres de Cuba : ceux qui biaisent le système communiste parce qu’ils « trichent ». Par exemple, certains fonctionnaires ont été destitués de leurs fonctions car on s’est rendu compte qu’ils avaient des comptes à l’étranger. Quand elle nous a évoqué ce sujet, je lui ai dit « oui, mais Fidel Castro, il ne triche pas, lui ? Il vit vraiment dans les mêmes conditions que les autres cubains ? ». Elle a dit qu’elle pensait que Castro restait fidèle au système et n’avait pas de comptes à l’étranger, que de toute façon même si c’était le cas il restait intouchable car tout le monde l’adulait.

On a encore discuté mais je ne vais pas en faire un roman. C’était en tout cas très intéressant.

Ensuite, nous sommes allées au marché où nous avons fait quelques emplettes et un peu de troc (savon, vêtements en échange de quelques babioles).


Nous sommes ensuite allées récupérer nos affaires chez Emma et avons pris le bus en direction de la Havane.



Arrivées à la Havane en pleine nuit, nous sommes allés à l’hôtel (le seul dans lequel nous soyons allées à Cuba) et avons regretté de ne pas plutôt avoir pris une chambre chez l’habitant car le service laissait fortement à désirer ! Nous étions dans un quartier du centre de la Havane que nous n’avions pas encore eu l’occasion de vraiment découvrir donc l’emplacement était idéal.

Après avoir dîné et raccompagné maman à l’hôtel, je suis allée à la Casa de La Musica où un groupe de salsa joue tous les soirs. Il n’y avait pas beaucoup de monde donc pas énormément d’ambiance mais c’était sympa quand même.



J14 : Pour commencer la journée, on est allé visiter le musée de la révolution qui retrace avec détails la révolution menée par Fidel Castro et le Che pour renverser la dictature de Batista. J’ai bien aimé même s’il est vraiment dommage qu’on n’ait pas eu de guide (aucun disponible).



Puis on a pris un bus pour aller à la plage (Santa Maria). On y est resté deux heures, pas plus, et ça nous a fait du bien car l’eau était sublime et super bonne !



Après être rentrées à l’hôtel et avoir pris une bonne douche on est allé se promener dans la Vieille Havane où on a découvert des ruelles magnifiques.

On s’est finalement posé dans un restaurant où ils faisaient des paëllas.

Maman a commandé une langouste grillée et moi une paëlla. Erreur ! On a mangé, c’était bon, puis on est rentrées à l’hôtel.


De là, je suis ressortie pour aller dans une soirée salsa qu’il y avait dans un hôtel à une quinzaine de minutes à pied, où un groupe jouait en live. Sur le chemin je sentais que j’avais l’estomac barbouillé par ce que j’avais mangé. Je me suis dit que je n’avais pas récupéré complètement de ma maladie des jours précédents. Je suis donc allée danser, et tout, et j’ai d’ailleurs sympathisé avec un cubain magicien qui m’a fait des tours extraordinaires ! Le groupe a arrêté de chanter vers 1h, donc le magicien m’a proposé de poursuivre la soirée dans un autre endroit de salsa. Je lui ai dit non merci, que je ne me sentais pas très bien. Je suis alors rentrée à l’hôtel, et là ma nuit a été un véritable cauchemar à cause de cette maudite paëlla! Je vous en passerai les détails, mais je pense que je ne me suis jamais sentie aussi mal de toute ma vie !



J15 : Pour entamer notre dernière journée, après que j’ai avalé des médicaments que maman est allée prendre à la pharmacie, nous sommes allées dans une chocolaterie très sympa, insolemment cheap vu le cadre. Le chocolat était pas trop mal (oui je suis très exigeante en chocolat !). Ensuite, nous avons flâné dans les rues du centre de La Havane, on est allé acheter des haricots rouges et noirs (« frijoles »). Mauvaise expérience car nous sommes tombées sur une femme qui a commencé à nous agresser en disant qu’on venait d’un pays capitaliste où on avait tout le pouvoir, qu’est-ce qu’on faisait là à acheter des frijoles à trois francs six sous alors qu’on avait un pouvoir d’achat sans commune mesure avec celui des cubains. Bref je n’ai pas du tout apprécié, d’autant plus qu’elle pensait que je ne la comprenais pas. En tout cas je n’ai pas eu envie de rentrer dans son jeu, on a pris nos haricots sous le bras et on est parti.


Pendant que maman faisait une sieste, je suis allée visiter le musée de Bellas Artes. J’ai bien aimé, bien qu’on n’ait rien à lui envier. Petite anecdote : à l’intérieur du musée, j’ai demandé à une « surveillante » s’il était possible de prendre des photos. Elle m’a dit que non. Je me suis donc éloignée d’elle pour retourner voir mes tableaux et elle a regardé autour d’elle et m’a pssité. Je suis retournée la voir et je lui dit « oui ? ». Elle me dit « qu’est ce que tu veux prendre en photos ? ». Moi : « ben les tableaux qui sont là ». Elle : « bon, tu me donnes un dollar et tu peux les prendre en photos ». J’ai dit « quoi ? ». Je l’ai bien toisée du regard l’air de dire qu’elle pouvait toujours rêver et je me suis éloignée. Ca m’a fait halluciner qu’elle me dise ça. A Cuba, tout peut se négocier moyennant des dollars. C’est impressionnant.

Enfin bref, voilà pour la petite histoire.

C’était notre dernière journée à La Havane. Nous aurions aimé découvrir plus d’endroits de cette île mystique mais étions à la fois impatientes de retrouver notre home sweet home.


En tout cas, ce que je retiendrai de ce voyage, c’est la gentillesse des cubains. On est vraiment tombées sur des personnes d’une gentillesse inattendue, à plus forte raison quand l’on vient de Paris ! Ce qui est rigolo, ce sont les petits surnoms que les gens peuvent donner, même aux inconnus. Lorsque je demandais un renseignement à qui que ce soit dans la rue, ils rajoutaient dans leur réponse « mi amor », « mi vida » ou encore « mi cielo » (ce qui veut dire en gros « mon amour », « ma chérie », « mon ange »). Tu demandes ta route et on te répond « por aqui mi vida ». Tu dis merci et on te réplique « de nada mi cielo ». C’est assez plaisant.


Les préjugés que j’avais sur le système communiste ont également changé. J’y allais avec la vision d’une dictature et un système de réprimande insoutenables. Au lieu de ça, j’y ai vu un pays où chacun mange à sa faim, où les gens sont globalement heureux, font propres sur soi. On se dit qu’au final ce n’est peut-être pas le pire système qui soit, et c’est peut-être ce qu’il nous faudrait en Afrique, de la discipline et des bases fondamentales : la santé et l’éducation. A Cuba, il n’y a pas de laissés pour compte, tous sont logés à la même enseigne.


Enfin, j’ai été beaucoup marquée par la propagande envahissante qui sacralise le Che et prône la poursuite de la lutte pour la liberté.